Suivis biologiques de la qualité de l’eau
Mise en contexte
Plécoptère, Sépaq.
Les macroinvertébrés benthiques, aussi appelés benthos, sont des organismes sans colonne vertébrale et visibles à l’œil nu qui habitent le fond des cours d’eau, des lacs et des marais. Parmi le benthos on retrouve notamment les insectes, les mollusques, les crustacés et les vers. Certains insectes, comme les libellules, vivent dans le cours d’eau seulement durant leur stade de vie larvaire, alors que d’autres, comme certains coléoptères, y vivent toute leur vie.
Pourquoi les étudie-t-on ? Les macroinvertébrés benthiques jouent un rôle crucial dans les écosystèmes aquatiques, car ils constituent une source majeure de nourriture pour plusieurs autres espèces. De plus, ils forment un groupe très diversifié d’organismes qui ont une sensibilité variable à différents stress, tels que la pollution et la modification de l’habitat.
Les macroinvertébrés benthiques sont de bons indicateurs de la santé des écosystèmes aquatiques. En effet, ils intègrent les effets cumulatifs et synergiques des perturbations physiques, biologiques et chimiques des cours d’eau, ce qui permet d’évaluer les répercussions réelles de la pollution et de l’altération des habitats aquatiques et riverains sur les écosystèmes.
Découvrez le G3E
Cet organisme œuvre dans le domaine de l’eau depuis plus de 30 ans et a instauré un réseau de plus de 80 partenaires engagés dans les programmes sur les enjeux socio-environnementaux actuels, dont l’adaptation aux changements climatiques et l’éducation relative à l’environnement.
En savoir plus sur le Groupe d’éducation et d’écosurveillance de l’eau
Des rivières surveillées, s’adapter pour l’avenir
C’est un réseau permanent de suivi des cours d’eau qui vise à documenter l’impact des changements climatiques sur les écosystèmes riverains ainsi que sur leur biodiversité.
En savoir plus sur ce réseau
Programme SurVol Benthos
C’est un programme de surveillance volontaire de la santé des petits cours d’eau à substrat grossier en utilisant comme indicateur biologique les macroinvertébrés benthiques. Ce programme est issu d’un partenariat entre le G3E et le MELCCFP.
En savoir plus sur ce programme
Classes de qualité pour l’ISBSurVol, tiré du Guide de surveillance biologique basée sur les macroinvertébrés benthiques d’eau douce du Québec – Cours d’eau peu profonds à substrat grossier, MELCCFP (2013).
L’Indice de santé biologique (ISBSurVol) est un indicateur qui permet d’évaluer l’état de santé d’un cours d’eau à substrat grossier en fonction de l’état des communautés de macroinvertébrés qui l’habitent. Cet indice est basé sur l’abondance relative (%) des espèces et des populations à l’échelle des stations échantillonnées. Parmi les variables analysées, on retrouve la richesse taxinomique, la composition taxinomique et la tolérance à la pollution des espèces rencontrées. Un ISB supérieur à 75 indique un cours d’eau en bonne santé, entre 46 et 74 un cours d’eau à la santé précaire, et moins de 45 un cours d’eau en mauvaise santé.
Classes de qualité pour l’IQH
La qualité d’un habitat influence directement la biodiversité qui s’y trouve. L’Indice de qualité d’habitat (IQH) est un indicateur qui permet d’évaluer la qualité de l’habitat offert par le cours d’eau aux communautés de macroinvertébrés qui l’habitent et est utilisé pour les cours d’eau à substrat grossier. 10 paramètres sont utilisés pour évaluer la qualité d’un habitat. Un IQH entre 24 et 30 indique un habitat optimal, entre 16 et 23 un habitat sous-optimal, entre 9 et 15 un habitat marginal et entre 0 et 8 un habitat pauvre.
Nos projets
SurVol Benthos | Depuis 2006
Échantillonnage, 2025.
Des rivières surveillées : s’adapter pour l’avenir ! est un réseau permanent de suivi des cours d’eau, coordonné par le Groupe d’éducation et d’écosurveillance de l’eau (G3E) qui documente l’impact des changements climatiques sur les écosystèmes riverains et leur biodiversité.
L’OBV Etchemin est l’un des 18 OBV du Québec à participer à l’acquisition de données sur l’état de santé global des cours d’eau sur son territoire en suivant les protocoles de SurVol Benthos.
Le suivi des stations permet d’évaluer les impacts des événements météorologiques extrêmes liés aux changements climatiques sur la santé biotique de nos cours d’eau. Débuté en 2015, le projet ne comportait qu’une seule station. Depuis 2017, 3 stations permanentes sont maintenant suivies : 1 station de référence (LEON01) et 2 stations test (ALLE01 et COUT01). L’objectif est de déterminer un indice de qualité d’eau à l’aide de la diversité de macroinvertébrés retrouvés.
Depuis 2021, des sondes de températures, aussi appelées thermographes, ont été installées à chacune des stations afin de suivre l’évolution de la température de l’eau au fil des années durant la période estivale.
Pour chaque station, nous procédons à la caractérisation de l’habitat, à l’échantillonnage du benthos, au tri et à l’identification à la famille. Les échantillons sont ensuite soumis au G3E pour validation.
Bilan du projet - Résultats
Regard vers l’amont, 2025.
Station LEON01 | Depuis 2017
Affluant de la Rive-Sud du fleuve Saint-Laurent, la rivière Sans Nom coule dans la municipalité de Saint-Léon-de-Standon, dans la région de Chaudière-Appalaches. La superficie de son bassin versant est estimée à 13,36 km² et sa longueur, à environ 5,6 km. Les milieux boisés et les milieux humides occupent respectivement 82.27 % et 10.64 % de ce territoire, contre 1.24 % pour le milieu résidentiel et 4.11 % pour l’agriculture.
L’objectif de la station est d’étudier l’impact des changements climatiques sur le cours d’eau situé dans un bassin versant majoritairement constitué de milieux humides.
L’ISBSurVol est passé de bon à précaire en 2022, puis est redevenu bon en 2025.
L’IQH est resté dans la catégorie optimale depuis 2017.
Regard vers l’amont, 2025.
Station ALLE01 | Depuis 2022
Affluant de la Rive-Sud qui se jette dans le fleuve Saint-Laurent, le ruisseau Lallemand coule dans l’arrondissement des Chutes-de-la-Chaudière-Ouest, dans la Ville de Lévis, dans la région de Chaudière-Appalaches. La superficie de son bassin versant est estimée à 5,1 km² et sa longueur, à environ 5 km. Les milieux boisés et les milieux humides occupent respectivement 25,96 % et 15,48 % de son territoire, contre 33.01 % pour le milieu résidentiel et 25,28 % pour l’agriculture.
Objectifs :
Mesurer l’impact du secteur résidentiel et du réseau routier sur la qualité de l’eau et sur la communauté de macroinvertébrés benthiques ;
Analyser l’impact du bassin de sédimentation sur le cours d’eau.
L’ISBSurVol est précaire depuis 2022, puis est devenu mauvais en 2025.
L’IQH était dans la catégorie optimale en 2022, puis sous-optimale depuis 2023.
Regard vers l’aval, 2025.
Station COUT01 | Depuis 2015
Affluant de la rivière à la Scie qui se jette directement dans le fleuve Saint-Laurent, la rivière des Couture coule dans l’arrondissement des Chutes-de-la-Chaudière-Ouest dans la Ville de Lévis, dans la région de Chaudière-Appalaches. La superficie de son bassin versant est estimée à 35,7 km² et sa longueur, à environ 7 km. Les milieux boisés et les milieux humides occupent respectivement 5,61 % et 17.75 % de ce territoire, contre 16.41 % pour le milieu résidentiel et 60.07 % pour l’agriculture.
L’objectif de la station est d’étudier les impacts agricoles et anthropiques sur le cours d’eau et sa communauté benthique.
L’ISBSurVol est précaire depuis 2015, puis est devenu mauvais en 2025.
L’IQH était dans la catégorie sous-optimale de 2015 à 2019, marginale en 2021, puis sous-optimale depuis 2022.
Échantillonnage du benthos | 2003-2016
Échantillonnage du benthos sur le terrain
Durant plusieurs années consécutives, l’OBV Etchemin a procédé à la récolte et l’identification des macroinvertébrés benthiques capturés dans plusieurs cours d’eau sur son territoire, dont :
Embouchure de la rivière LeBras qui se jette dans la rivière Etchemin (2008) ;
Rivière à la Scie (2009 et 2015) ;
Rivière aux Billots (2011-2013) ;
Rivière aux Fleurs (2003 et 2009) ;
Rivière des Couture (2010, 2015 et 2016) ;
Rivière des Abénaquis (2003-2006) ;
Rivière Desbarats (2005 et 2016) ;
Rivière LeBras (2003 et 2008) ;
Ruisseau Bleu (2010) ;
Ruisseau Boutin (2015-2016) ;
Ruisseau Fourchette (2003, 2010 et 2011) ;
Ruisseau Grand-Pénin (2009 et 2015) ;
Ruisseau Pénin (2015) ;
Tributaire de la rivière Etchemin (2016).
Partenaires
Municipalités concernées